Voici une idée proposée par mon ami le rossignol, André Langaney, afin de préparer MAI 2008.
Il y a quarante ans, une poignée d'étudiants libertaires, rejoints bientôt par des récupérateurs gauchistes et communistes - tendance
Mao - de l'université parisienne de Nanterre décidaient, en "assemblée générale", de changer le monde. A l'image des révolutionnaires latino- américains, ils créaient le "Mouvement du 22 mars".
Leur programme était simple et clair : renverser le capitalisme, supprimer l'état bourgeois, instituer une totale liberté de parole, une totale liberté sexuelle - ce qui était révolutionnaire à
l'époque ! - et abolir les frontières pour propager leur révolution à l'ensemble de la planète. Sur le plan économique et administratif, leur programme était plein de bonne volonté, démocratique,
communiste, libertaire et co-gestionnaire, mais plus flou ...
Deux mois plus tard, la France entière était en grève, la Sorbonne et le théâtre de l'Odéon, occupés, abritaient d'interminables débats où n'importe qui - y compris des députés
gaullistes, des touristes japonais et des dames des beaux quartiers venaient expliquer comment ils voulaient refaire le monde. Les gendarmes et CRS courraient, le plus souvent en vain, derrière
des manifestations d'étudiants qui avaient lieu à l'autre bout de Paris (merci les maos pour la logistique !) et des abrutis qui n'y avaient rien compris, comme Cohn-Bendit, lançaient des pavés
et brûlaient des bagnoles. Ce qui fit le bonheur de la télé gaulliste d'état, à l'affût de provocations pour terroriser la province et désolidariser les ouvriers en grève. L'arrêt de
l'approvisionnement en essence rendait Paris respirable comme il ne l'avait plus été depuis un demi-siècle et l'obésité régressait avec la marche forcée. Pendant ou après, des mouvements
comparables éclataient dans divers pays. Mais finalement, les communistes PCF et autres mous du cul, signaient des accords avec le gouvernement pour que tout le monde parte en vacances à temps ;
ce, après que de Gaulle ait sans doute envisagé un coup depuis l'Allemagne contre la "chienlit" avec les militaires colonialistes rapatriés d'Algérie.
Qu'en reste-t-il, quarante ans après ?
Sur le plan politique, évidemment rien ! La bonne foi et l'improvisation ne faisaient pas le poids face au cynisme organisé des pouvoirs économique, politique, syndical et
médiatique. Les lanceurs de pavés sont reconvertis en politiciens réactionnaires et bedonnants, patrons de presse ou de médias soumis à la pub, ou bien ministres de droite, solidaires de leurs
anciens ennemis fascistes du GUD ou d'Occident.
Sur le plan social, énormément : ceux qui avaient pris l'habitude de s'exprimer librement, et ceux qui les avaient vu faire, n'y ont pas renoncé. L'heure de la censure
chrétienne ou politique de la parole a passé en Europe de l'Ouest, même si les islamistes et Ecône voudraient la rétablir. "Il est interdit d'interdire" vit encore, même récupéré par les
néo-libéraux !
Du côté des libertés individuelles, nos enfants n'imaginent même pas que l'on ait pu vivre comme l'on vivait avant, en matière de répression de la sexualité, d'apartheid social
ou de contrainte vestimentaire, pour ne citer que ces exemples...
Au cours des années quatre vingt, un futur grand patron de médecine parisien, fils de deux "mandarins" m'avouait que mai 68 avait tout changé pour lui et ses congénères,
enfants de mandarins médicaux. Avant, ils n'avaient le droit de fréquenter que des fêtes et des rallyes où l'on n'invitait QUE des enfants de mandarins médicaux. Après, non seulement ils
pouvaient aller à d'autres fêtes, mais parfois on invitait des non- médecins, non- descendants de médecins, chez des patrons de médecine "gauchistes"...
Où la révolution va-t-elle se nicher ?!!
Bon, puisque l'on a raté sur les plans politique et économique, il est temps de recommencer ! On s'organise ?
ROBINET
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